À l’accueil de ses habitants
À Persida Rugu, mon amie lointaine
C’était un petit Christ gris, figé dans un reflet d’argent.
Son fin visage bordé d’épines et penché vers la terre
semblait se résigner à la rejoindre, comme celui d’un fils
se soumettant au silence mystérieux de son père.
C’était un joli bijou, simple mais attirant,
alliant la souffrance discrète à l’amour cinglant.
Il pendait au cou d’une dame dont le sourire naturel
flottait sur des traits inconnus et accueillants.
„Comme il est beau!” Osais-je lui dire en le désignant.
„N’est-ce-pas?... Il est l’image du bien...”
„Prenez-le! Garde-le! Si! Si! Je vous l’offre!”
me dit-elle au terme d’un court moment.
Depuis, je porte un peu de ciel Roumain
sur ma poitrine de pêcheur parisien.
Je le porterai jusqu’à ma dernière heure,
non comme un porte-bonheur,
mais comme un billet de séjour
dans une étrange contrée du coeur
où règnent la gentillesse et la simplicité.
Qu’il soit sous la garantie du Christ
n’est pas pour déplaire à mes sentiments.
Il est le meilleur symbole du désintéressement.
Cluj m’a confirmé ce que je savais déjà:
l’humanité peut se révéler parfois
encore plus belle que la nature!
MAURICE COUQUIAUD (Paris, France)
„Clujul poeţilor”,
Editura Eikon, Cluj-Napoca, 2013, pag. 77.
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